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Guide éditorial

Guide9 min de lecturePublié le 30/07/2026

« Elle passe la journée dans un fauteuil » : reconnaître un EMS où les journées ont une forme

Une télévision que personne ne regarde, des fauteuils alignés devant le bureau. Ce que le projet d'accompagnement doit contenir, ce qu'il faut regarder en visite, et la question qui démasque un programme d'animation de façade.

Pourquoi ce guide compte

Conçu pour réduire l’incertitude des familles qui doivent comprendre les coûts, l’urgence, les listes d’attente et les options réelles.

Elle est bien soignée. Elle mange, elle est propre, les médicaments arrivent à l'heure. Et elle passe neuf heures par jour dans un fauteuil, devant une télévision que personne ne regarde.

Ce n'est pas une question de décor. En EMS, une journée vide accélère le déclin : qui n'utilise plus ses jambes cesse de marcher, qui ne parle plus perd les mots, qui n'a aucun rendez-vous dans la journée perd le repère du temps. Les soins et la qualité de la journée ne sont pas deux sujets distincts — le second détermine en grande partie le premier.

1. La question qui démasque tout

Ne demandez pas « faites-vous de l'animation ? ». On vous montrera un panneau coloré. Demandez plutôt :

> « Qu'a fait ma mère mardi dernier, entre 14 h et 18 h ? »

Une réponse précise — même modeste, même « elle était au jardin avec l'animatrice, puis elle a regardé des photos avec sa voisine de table » — vaut plus que n'importe quel programme affiché. Une réponse vague (« il y a toujours quelque chose ») vous dit que personne ne suit réellement sa journée.

La variante qui fonctionne encore mieux : « Combien de résidents ont participé à la dernière activité, sur combien à l'étage ? » Douze sur quatre-vingts, ce n'est pas un programme : c'est une activité pour ceux qui vont déjà bien.

2. L'animation fait partie du prix de pension

C'est le point que peu de familles font : dans un EMS reconnu, l'accompagnement socioculturel n'est pas un supplément — il fait partie de la prestation socio-hôtelière que vous payez déjà avec le prix de pension. L'animation et l'ergothérapie sont des métiers reconnus, avec des formations propres, et un EMS au bénéfice d'une reconnaissance cantonale s'engage sur un contenu, pas seulement sur des lits.

Ce que vous pouvez demander par écrit

  • le programme hebdomadaire d'animation, avec les horaires et le public visé ;
  • quels objectifs non médicaux figurent dans son projet d'accompagnement individualisé, et qui en est responsable ;
  • le taux d'occupation en animation et en ergothérapie sur son étage ;
  • si la physiothérapie et les activités de mobilisation ont effectivement lieu — c'est ce qui préserve l'autonomie, et c'est ce qu'on demande le moins.

La phrase qui fonctionne : « Je souhaite un objectif explicite, dans son projet d'accompagnement, sur la façon dont elle passe l'après-midi — avec une évaluation dans deux mois. »

3. Ce qu'il faut regarder en visite

Un conseil pratique qui vaut plus que dix questions : venez l'après-midi, vers 15 h 30, sans prévenir. Le matin, tous les EMS se ressemblent : c'est la toilette, les médicaments et le repas. L'après-midi, la différence se voit.

Signes que quelque chose ne va pas

  • des fauteuils alignés devant le bureau des soins, tous tournés dans la même direction ;
  • une télévision à fort volume que personne ne regarde ;
  • le silence : aucune voix, aucune musique, aucun bruit d'activité ;
  • l'animatrice est là, mais elle remplit des documents ;
  • personne dehors par beau temps, alors qu'il y a une terrasse ou un jardin.

Bons signes, et ils sont petits

  • des personnes occupées à des choses différentes au même moment ;
  • du personnel qui appelle les résidents par leur prénom et sait vous raconter quelque chose sur eux ;
  • des objets personnels dans les chambres — photos, un plaid, une radio ;
  • des petits groupes plutôt qu'une seule grande activité ;
  • quelque chose qui ressemble à du travail : mettre la table, plier du linge, arroser les plantes. Pour beaucoup de personnes âgées, cela fonctionne mieux que n'importe quel jeu, parce que cela rend un rôle.

4. « Mais elle ne veut pas participer »

La réponse la plus fréquente, et parfois elle est vraie. Mais elle se vérifie, car derrière il y a presque toujours autre chose :

  • Elle n'entend pas. Un appareil auditif cassé ou sans pile exclut une personne de toute activité de groupe. C'est la cause la plus banale et la plus fréquente.
  • Elle ne voit pas. Lunettes inadaptées ou perdues.
  • La proposition ne lui correspond pas. Le loto pour quelqu'un qui a travaillé la terre, la chorale pour quelqu'un qui n'a jamais chanté.
  • Elle est déprimée. Le retrait des activités en est le premier signe : elle reste dans sa chambre toute la journée.
  • Elle a une démence avancée et ce qu'on propose est cognitivement inaccessible. Il faut alors d'autres approches — musique, objets à manipuler, stimulation sensorielle, mouvement.

5. Ce que vous pouvez faire, et qui marche

  • Racontez qui elle était : le métier, les chansons, le village, ce qu'elle cuisinait. Une équipe qui le sait peut s'en servir.
  • Apportez de la matière : des photos imprimées (pas sur l'écran du téléphone), la musique de ses vingt ans, un objet de son métier.
  • Variez vos heures de visite. Si vous venez toujours le dimanche matin, vous voyez toujours le même EMS.
  • Misez sur le mouvement plutôt que sur le spectacle : deux tours de couloir par jour valent mieux qu'un concert par mois.

6. Si rien ne change

Dans l'ordre, par écrit

  1. La direction des soins et la direction de l'EMS, en demandant un projet d'accompagnement actualisé avec des objectifs vérifiables ;
  2. le contrat d'hébergement et le descriptif des prestations, à comparer avec la réalité — ce sont des documents qui engagent ;
  3. le conseil des résidents ou la commission des familles, où il en existe un : une demande collective sur les après-midi obtient davantage qu'une demande isolée ;
  4. le service cantonal de la santé publique, autorité de surveillance des EMS, si l'écart entre les prestations annoncées et le vécu est manifeste ;
  5. Pro Senectute de votre canton, pour un regard extérieur et gratuit.

7. Quand l'EMS n'est pas le bon

Si les soins sont corrects mais la journée reste vide, même après une demande écrite, alors l'établissement n'est pas « mauvais en général » : il est mauvais pour elle. Ce n'est pas la même chose, et seule la seconde se règle en changeant.

Les démarches, Curalune Aide Démarches s'en charge : prestations complémentaires, allocation pour impotent, oppositions.

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*Informations générales. L'admission, les prix et les disponibilités sont toujours confirmés par les établissements et les autorités compétentes.*

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