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Guide éditorial

Coûts et financement11 min de lecturePublié le 27/07/2026

Les enfants doivent-ils payer l'EMS de leurs parents ? L'obligation d'entretien expliquée

La question revient dans presque toutes les familles, au mauvais moment et avec la mauvaise réponse. Beaucoup craignent de devoir payer l'EMS dès que la fortune du parent est épuisée. Tout se joue sur une distinction que peu de gens connaissent : les prestations complémentaires ne sont pas de l'aide sociale — et ne déclenchent donc pas l'obligation d'entretien entre parents. Voici ce qui s'applique réellement et dans quel ordre agir.

Pourquoi ce guide compte

Conçu pour réduire l’incertitude des familles qui doivent comprendre les coûts, l’urgence, les listes d’attente et les options réelles.

La question que toute famille finit par poser

Elle arrive rarement au calme. En général une entrée en EMS se prépare, quelqu'un calcule pour la première fois ce que cela représente sur une année, et la phrase tombe : « Et quand il n'y aura plus rien — est-ce que nous, les enfants, devrons payer ? »

La réponse qui circule dans les familles est presque toujours trop tranchée. C'est soit « non, jamais », soit « oui, évidemment ». Les deux sont fausses, et la bonne réponse tient à une distinction que peu de gens connaissent — mais qui détermine si la question vous concerne, tout simplement.

Qui paie l'EMS en temps normal

La facture d'un EMS se décompose en plusieurs parties, financées différemment :

  • les soins sont répartis entre l'assurance obligatoire des soins, une participation du résident et les pouvoirs publics — canton et commune assurent le financement résiduel ;
  • l'hébergement et l'accompagnement — logement, repas, encadrement — sont en principe à la charge du résident, sur sa rente et sa fortune.

C'est la seconde partie qui pèse lourd, et c'est la raison pour laquelle une fortune fond en EMS bien plus vite que les familles ne l'imaginent.

Le point décisif : les PC ne sont pas de l'aide sociale

Lorsque la rente AVS, le deuxième pilier et la fortune ne suffisent plus, un premier instrument intervient — et il n'a rien à voir avec l'assistance : les prestations complémentaires (PC) à l'AVS et à l'AI. Ce sont un droit légal, pas une aumône, et c'est précisément ce qui change tout.

Car les prestations complémentaires ne déclenchent pas l'obligation d'entretien entre parents. Les enfants d'une personne au bénéfice des PC ne sont pas mis à contribution pour autant. C'est l'information la plus importante de cet article, et elle désamorce la question de départ dans la très grande majorité des cas.

Selon la situation s'y ajoute l'allocation pour impotent, qui compense le besoin d'aide au quotidien et doit elle aussi être demandée.

Concrètement, la première tâche de la famille n'est donc pas de débattre de sa propre obligation de payer, mais de s'assurer que les PC sont demandées à temps et complètement. Beaucoup de familles déposent la demande trop tard, ou pas du tout — et c'est ainsi qu'elles s'approchent de la question qu'elles redoutaient.

Quand l'obligation d'entretien entre en jeu

L'obligation d'entretien entre parents figure dans le Code civil : les parents en ligne directe ascendante et descendante peuvent être tenus de fournir des aliments lorsqu'ils vivent « dans l'aisance » et que la personne concernée tomberait autrement dans le besoin.

Deux choses comptent :

  • elle s'examine en pratique en lien avec l'aide sociale, pas en cas de PC. L'instance compétente est la commune de domicile, par son service social.
  • « Vivre dans l'aisance » n'est pas une impression, c'est un calcul. Il s'appuie sur des seuils de revenu et de fortune en dessous desquels aucune obligation ne naît. Ces seuils se situent nettement au-dessus d'un revenu de ménage ordinaire — la grande majorité des familles n'est pas concernée.

Si elle est examinée, elle l'est individuellement : c'est la situation économique de chaque enfant qui compte, pas celle de la fratrie additionnée, et il n'y a pas de solidarité pour le montant total. Les petits-enfants ne sont en pratique pas sollicités.

Ce qu'il faut faire — dans cet ordre

  • Demander les prestations complémentaires dès qu'il devient prévisible que les moyens ne suffiront pas. Le droit ne naît au plus tôt qu'au dépôt de la demande — attendre, c'est perdre des mois que personne ne rattrape rétroactivement.
  • Faire examiner l'allocation pour impotent, souvent oubliée.
  • Faire détailler la facture de l'EMS : soins, accompagnement, hébergement, prestations supplémentaires. C'est seulement là que vous voyez de quoi vous parlez.
  • Vérifier l'évaluation des besoins en soins. Si l'état s'est dégradé, une nouvelle évaluation peut modifier la part prise en charge par l'assurance et les pouvoirs publics. Cela se demande.
  • Clarifier la garantie de prise en charge avant toute signature, en particulier pour un EMS hors de la commune ou du canton de domicile.
  • Prendre conseil auprès de Pro Senectute, de la caisse de compensation AVS ou du service social communal. C'est gratuit et cela remplace tous les calculs de coin de table.

Ce qu'il ne faut pas faire

Un point sur lequel les familles se nuisent régulièrement : donner ou transférer la fortune peu avant une entrée en EMS, pour la mettre « à l'abri ».

Dans le calcul des prestations complémentaires, la fortune à laquelle on a renoncé sans contre-prestation adéquate reste prise en compte — comme si elle était toujours là, avec une déduction qui diminue au fil des années. Le transfert ne produit donc pas l'effet espéré, complique sérieusement la situation et provoque souvent des conflits entre frères et sœurs. Qui envisage une donation devrait en parler à un professionnel, et bien en amont — pas le mois de l'entrée.

Si la commune vous écrit

Si vous recevez effectivement un courrier relatif à l'obligation d'entretien, la règle est : répondre calmement, et par écrit.

  • Demandez qu'on vous communique la base légale et le calcul.
  • Exposez votre situation complète — vos propres charges de famille, votre loyer, vos dettes sont pris en compte.
  • Prenez un conseil juridique avant de signer une convention de paiement. Une convention signée pèse plus lourd que l'obligation légale elle-même.

Le point pratique

Pour l'immense majorité des familles de Suisse romande, la réponse à la question de départ est : non — à condition que les prestations complémentaires aient été demandées à temps. L'énergie doit donc aller ailleurs que dans la peur de devoir payer : faire valoir l'intégralité des droits, et trouver un EMS dont le coût correspond à la réalité financière.

Sur ce second point, Aide Curalune vous aide : 3 à 5 établissements adaptés à la situation réelle sous 24 heures ouvrées, avec coordonnées, liens et un message prêt à envoyer à tous en même temps. CHF 99 en paiement unique. Si vous ne recevez pas au moins 3 établissements correspondant au secteur et aux critères indiqués, vous êtes intégralement remboursé. Commencer ici

L'obligation d'entretien entre parents est réglée par le Code civil, mais son application relève de la commune de domicile : les seuils, le mode de calcul et la pratique varient selon les cantons et les communes, et les montants sont périodiquement adaptés. Clarifiez votre situation concrète auprès de la caisse de compensation AVS, du service social de votre commune ou d'un organisme de conseil tel que Pro Senectute. Cet article est une information générale et ne remplace ni un conseil juridique ni un conseil fiscal. Curalune n'attribue pas les places en EMS et ne garantit aucune disponibilité.

Payer moins, c'est surtout une question de démarches

Ce qu'une famille paie réellement dépend moins du tarif affiché que de deux demandes. Les prestations complémentaires (PC) comblent la différence quand la rente et la fortune ne suffisent pas à payer l'EMS : personne n'est refusé dans un établissement reconnu faute de moyens, mais les PC se demandent — elles ne sont pas rétroactives sur de longues périodes. S'y ajoute l'allocation pour impotent de l'AVS, versée indépendamment de la fortune et très souvent oubliée. Vérifiez aussi sur la facture ce qui est facturé comme soins (en partie pris en charge par l'assurance-maladie) et ce qui relève de la pension.

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