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Guide éditorial

Guide9 min de lecturePublié le 31/07/2026

« Elle est douchée une fois par semaine » : aucune règle ne dit cela

Les cheveux gras, les ongles longs, le même gilet depuis quatre jours. Trois problèmes différents qui se ressemblent, ce que le descriptif des prestations vous donne, et la demande qui transforme une discussion en donnée.

Pourquoi ce guide compte

Conçu pour réduire l’incertitude des familles qui doivent comprendre les coûts, l’urgence, les listes d’attente et les options réelles.

Vous le voyez aux cheveux. Gras, plaqués sur la tête. Les ongles longs et noirs. Le même gilet que la semaine dernière. Et une odeur dans la chambre que vous ne savez à qui dire.

Ou c'est elle qui vous le dit : « Ici, on ne me lave jamais. »

C'est l'une des choses les plus difficiles à soulever, parce que cela ressemble à une plainte sur la propreté alors qu'il s'agit de dignité — et parce que vous craignez qu'elle en subisse les conséquences. Cette page sert à lever cette crainte.

1. D'abord : ce sont trois problèmes différents

a) Un problème d'organisation. Les douches sont programmées « le mardi », l'assistante en soins a douze personnes à lever en trois heures, et celle qui est lente saute son tour. Le cas le plus fréquent.

b) Elle refuse. Très courant dans la démence : une personne qui ne comprend pas pourquoi un inconnu la déshabille se défend. La réponse n'est pas d'insister davantage, c'est de changer de technique (point 3).

c) C'est de la négligence. Plus rare, mais réel (point 5).

La première question n'est pas « pourquoi ne la lavez-vous pas ? » mais : « Que se passe-t-il quand vous essayez de la doucher ? »

2. Aucune règle ne dit « une fois par semaine »

Trois niveaux à distinguer

  • la toilette quotidienne : visage, aisselles, toilette intime, mains, soins de bouche. Tous les jours, plusieurs fois par jour en cas d'incontinence. Non négociable ;
  • la douche ou le bain complet : la fréquence s'inscrit dans le projet d'accompagnement individualisé, selon son état et ses habitudes, pas selon le planning de l'étage ;
  • les soins de la personne : ongles, cheveux, rasage, prothèse dentaire.

Deux documents vous donnent prise : le contrat d'hébergement et le descriptif des prestations, qui listent ce qui est compris dans le prix de pension — vérifiez au passage ce qui y figure comme prestation supplémentaire facturée, coiffeur et pédicure notamment — et le dossier de soins.

Et la demande que presque personne ne fait : « Puis-je consulter la traçabilité des soins d'hygiène du dernier mois ? » Les soins sont documentés. Cette trace existe, et elle transforme une discussion en donnée.

3. Si elle refuse : ce qui marche vraiment

  • elle a froid. Chauffer la pièce avant change tout ;
  • l'eau sur le visage lui fait peur. La cause numéro un. Laver la tête séparément, assise, tête en arrière ;
  • elle a mal. Un antalgique une demi-heure avant change toute la scène — l'une des mesures les plus simples et les moins utilisées ;
  • elle ne comprend pas ce qui se passe. La réaction est normale, ce n'est pas un « trouble du comportement », et ce n'est jamais un motif de sédatif ;
  • l'horaire est mauvais ;
  • la pudeur. Beaucoup de femmes âgées n'acceptent pas d'être lavées par un homme. Préférence légitime, à inscrire au projet d'accompagnement.

Les alternatives sont des standards professionnels : toilette au lit, produits sans rinçage, toilette partielle, soins fractionnés sur la journée.

4. Ce que personne ne regarde

  • la bouche. Les soins de bouche sont la prestation la plus négligée de toutes. Une bouche douloureuse explique aussi pourquoi elle a cessé de manger ;
  • les ongles, des mains et surtout des pieds ;
  • les cheveux : à quand remonte le coiffeur, et qui paie ;
  • les lunettes et l'appareil auditif : propres, en état, avec des piles ;
  • les pieds — un facteur de chute sérieux.

5. Quand il s'agit de négligence

À noter par écrit le jour même

  • rougeurs ou lésions au sacrum, aux talons, aux hanches ;
  • des résidus de selles sous les ongles ou sur la peau ;
  • une odeur d'urine persistante dans la chambre ;
  • les mêmes vêtements pendant des jours ;
  • des protections gardées trop longtemps, avec la peau rouge ;
  • elle vous dit avoir sonné sans que personne ne vienne.

Plusieurs signes ensemble : signalement écrit à la direction, puis service cantonal de la santé publique, autorité de surveillance des EMS, et Alter ohne Gewalt / Vieillesse sans violence — 0848 00 13 13.

6. Comment le dire pour que cela marche

Ne fonctionne pas : « ma mère est sale, vous ne la lavez pas. »

Fonctionne : « Les trois derniers samedis, j'ai trouvé ma mère avec les cheveux non lavés et les ongles longs. Je voudrais savoir quelle fréquence de douche prévoit son projet d'accompagnement, et je demande qu'on y ajoute les soins des ongles et des cheveux, avec un point dans un mois. »

Un fait daté, une demande précise, une échéance — par écrit.

Et la phrase qui désamorce la crainte de représailles : « Je n'accuse personne, je veux simplement que ce qui est prévu soit écrit. »

7. Si rien ne change

  1. la direction des soins et la direction de l'EMS, par écrit ;
  2. le contrat et le descriptif des prestations, comparés à la réalité ;
  3. le conseil des résidents ou la commission des familles, où il en existe un ;
  4. le service cantonal de la santé publique ;
  5. Pro Senectute de votre canton, pour un regard extérieur gratuit.

8. Quand ce n'est pas le bon EMS

Un établissement qui dit « elle a refusé trois fois, on a essayé la toilette au lit et le produit sans rinçage, la semaine prochaine on tente le soir » fait son travail. Un qui dit « la douche, c'est le mardi » décrit son organisation.

Les démarches, Curalune Aide Démarches s'en charge : prestations complémentaires, allocation pour impotent, oppositions.

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